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© C. Renaudin & S.
Toczyski
En préparation à l'examen
AP:
L'Enfant noir de Camara Laye
Un dossier pédagogique
préparé par
Christine Renaudin & Suzanne Toczyski
Sonoma State University
Glossaires
par chapitre |
Glossaire
général |
Résumés
Plan
d'étude |
Ressources
et illustrations |
Lien
au site destiné aux
élèves
Séance 2
Chapitres 1
& 2
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
CHAPITRE
1
Résumé
| Questions
de lecture |
Textes
choisis |
Contrôle
des connaissances |
Sujets de
devoir
Chapitre 1 ~ Questions
de lecture et réponses
possibles
1- Quel titre donner à ce chapitre ?
Du côté du père : le
serpent.
2- De quelle sorte de narration s'agit-il ?
Il s'agit d'un récit autobiographique
à la première personne du singulier.
3- Faites une liste des personnages introduits dans ce
chapitre au fur et à mesure qu'ils y
apparaissent.
L'enfant, non nommé dans ce chapitre,
sa mère, son père et des clients (premier
paragraphe), Damany, « l'un des apprentis »
(10).
4- Dessinez une carte des lieux mentionnés.
Chaque élève dessinera cette
carte à sa façon, mais les lieux
mentionnés devraient comporter une
représentation de la concession, de l'atelier, la
case du père et sa véranda, celle de la
mère, les rails du chemin de fer.
5- D'après ce premier chapitre, de combien de
personnes se compose la famille du narrateur ?
On trouve mention d'une famille
nucléaire (le père, la mère,
l'enfant), mais aussi d'une famille beaucoup plus
conséquente puisque le narrateur décrit son
père comme le « chef d'une innombrable
famille » (13).
Page 20, on apprend que le narrateur est
l'ainé des fils de son père.
6- Vous parait-elle s'organiser d'une manière qui
vous est familière ? Qu'est-ce qui est
différent ?
Le père et la mère ne partagent
pas la meme case. Ici, il faudrait montrer des photos
d'un village guinéen typique avec ses cases.
Il faudrait aussi faire ici mention de la pratique
de la polygamie, traditionnelle et renforcée par
la loi coranique, qui autorise jusqu'à quatre
femmes par homme à condition qu'il ait de quoi
subvenir à leurs besoins et qu'il les traite avec
équité.
7- Quelle est la signification et la fonction du petit
serpent noir ?
L'élucidation de ce mystère
occupe exactement la moitié du premier chapitre,
c'est dire s'il est important dans l'organisation du
monde de l'enfant noir.
C'est, dit la mère au narrateur, « le
génie de ton père » (15) ; c'est,
ajoute le père, « le génie de notre
race » (17). Le petit serpent noir représente
l'esprit du clan des forgerons, leur animal totem. Ce
concept s'ancre dans une tradition profondément
animiste, dans la croyance qu'à « l'origine
» du clan des Camaras, leur ancêtre avait
noué une relation spéciale avec l'animal,
auquel l'héritier du totem peut s'identifier.
Cette croyance en l'identification de l'animal
totem et de son « porteur » explique que
l'animal de lui fasse aucun mal, car il se retournerait
alors contre lui-meme. Au contraire on assiste, entre le
petit serpent noir et le père de l'enfant, chef du
clan des forgerons, à des «
conversation[s] » privilégiées
(23) : je pensais à je ne sais quelle
mystérieuse conversation ; la main interrogeait,
le frémissement répondait ». La
hiérarchie du dialogue, l'homme interrogeant,
l'animal répondant, souligne une attitude humble
de l'homme envers la nature, bien différente de
l'attitude occidentale de domination.
A noter aussi à propos de l'animal totem, sa
présence dans les rêves du porteur comme
source de savoir et de sagesse. L'héritier du
totem doit savoir et vouloir développer
l'intuition nécessaire à la lecture des
signes oniriques pour apprendre à mieux
déchiffrer, et donc à mieux diriger son
monde. Celui qui est porteur du totem du clan en est
aussi le chef.
8- Page 2, que faut-il entendre par le mot « race
» ?
Il faut entendre « clan ».
9- Page 16 : « Qu'est-ce qu'un serpent avait
à faire avec mon père ? [
]
Qu'est-ce qui me prouvait que ce serpent était
inoffensif ? » Page 18 : « N'était-ce pas
mon père qui était le chef de la concession ?
[
] N'était-il pas mon père ?
» Stylistiquement, en quoi se ressemblent ces passages
? Quel est l'effet produit ?
Ces passages se caractérisent par une
abondance de questions et par un point de vue particulier
: celui du narrateur-enfant. Le récit se fait
intimiste, en ce qu'il nous permet de partager le
questionnement de l'enfant à l'époque
où ont eu lieu les événements
décrits.
Ils sont à contraster avec d'autres moments
du texte, où le point de vue est celui du
narrateur adulte comme, par exemple : « Par la
suite, il ne fut plus question entre nous du petit
serpent noir : mon père m'en avait parlé
pour la première et le dernière fois
».
Y a-t-il d'autres moments du texte où se
procédé revient ? Demander aux
étudiants de fournir d'autres exemples.
10- A l'issue de la révélation de
l'importance du serpent par son père, quel est le
dilemme qui tourmente l'enfant ? Illustrez par une citation
précise.
L'enfant se demande s'il doit / désire
devenir l'héritier du génie du clan ou
poursuivre sa route d'écolier. Voir par exemple :
« Et je ne savais plus si je devais continuer
d'aller à l'école ou si je devais demeurer
dans l'atelier : j'étais dans un trouble
inexprimable » (21).
C'est le moment d'expliquer le contraste entre
l'école européenne à laquelle
l'enfant assiste, et l'apprentissage auprès du
père. Les deux exigent la plupart du temps de
l'enfant et surtout un « comportement » ( 20)
différent : une attitude ascétique, la
patience de l'observation, la croyance en l'esprit du
clan, le développement personnel et
intégré d'une pratique spirituelle et
technique s'opposent à la discipline
imposée de l'école occidentale, à
son insistance sur l'apprentissage livresque, sa foi en
la science, la dissociation du spirituel et du technique,
etc.
11- En quels termes exacts est évoqué
l'apprentissage auprès du père ?
En termes d'héritage, de « ligne
de conduite », de comportement, de «
façons d'agir », de fréquentations.
12- Ce premier chapitre indique-t-il déjà
comment l'enfant finira par résoudre son dilemme ?
Donnez vos indices.
On peut déjà savoir qu'il ne
choisira pas l'école du génie de sa race
:
Page 11 : « je l'ignore : j'ai quitté
mon père trop tot ».
Page 21 : « Mais non : je continuais d'aller
à l'école ».
En outre le narrateur aurait-il su écrire un
livre s'il était resté à
l'école de son père ?
13- Comparez le début et la fin du chapitre.
Quelle image se dessine au fil de cette comparaison ?
Au début du chapitre, l'enfant joue
avec un serpent en toute ignorance du danger ; à
la fin du chapitre, le père caresse un serpent qui
lui est associé, auquel il s'identifie. Cette
dernière image se présente comme une sorte
de négatif jamais développé ; elle
évoque ce que l'enfant noir ne deviendra pas. Elle
marque donc symboliquement la fin d'un monde
organisé autour d'un certain type de patriarcat
(différent de celui de l'occident).
Malgré le puissant parallèle entre
les deux images, le serpent ne se mord pas la queue, la
boucle n'est pas bouclée, le fils n'a pas
remplacé son père, qui demeure figé
dans cette image du passé.
14- Bien que fort discrets, quels éléments
évoquent la présence coloniale dans ce
chapitre ?
Les rails du chemin de fer et la mention de
l'école, celle de vélos et de motos
(19).
[haut
de page]
Chapitre 1 ~ Textes
choisis et suggestions de
lectures
1-La dédicace : A ma
mère
Quels mots et expressions
vous viennent à l'esprit pour qualifier cette
dédicace ?
Poétique :
elle a la forme d'un poème.
Versets : le choix de
versets plutôt que de vers l'apparente à
la bible, à un texte sacré en l'honneur
de la mère, peut-être même à
une prière d'action de
grâce.
Lyrique : le ton est celui
de l'épanchement des sentiments : « O toi,
ma mère, je pense à toi
».
Epique : le ton le devient
parfois : « femme des rivières, femme du
grand fleuve ».
Qu'est-ce qui en fait le rythme
?
Les
répétitions.
Quels mots et expressions se
répètent ?
Les mots : femme,
mère, toi, Daman.
Les expressions : «
être enfant près de toi », « je
pense à toi », l'expression « toi qui
», suivie d'un verbe d'action au passé
simple.
Quels temps sont utilisés
?
Le présent :
temps du narrateur (« je pense à toi
»), marquant ses sentiments au moment de
l'écriture.
Le passé simple :
temps de la mère (« toi qui m'allaitas
»), marquant les étapes des soins
prodigués à l'enfant.
L'imparfait : temps de la
mère (« toi qui essuyais mes larmes
»), marquant les gestes habituels
vis-à-vis de l'enfant.
Le conditionnel
présent : temps du narrateur (« comme
j'aimerais encore être près de toi
»), exprimant sa nostalgie.
Quel portrait de la mère
se dégage de cette dédicace?
Portrait d'une femme
noire, africaine, unique à l'enfant qu'elle a
porté au monde, inoubliable, plus grande que
les autres, en harmonie avec la nature et à la
mesure de puissants éléments naturels,
comme la rivière.
2- Pages 12 et 13 : « Mon
domaine, en ce temps-là, c'était la
véranda [
]. Mets-toi ici, me
disait-elle, et mange, car ton père est fou .
»
Quelle image du
père se dessine ici ?
Celle du patriarche,
chef de clan, d'une nombreuse famille ; celle d'un
chef juste et prodigue, dont l'autorité ne
semble pas discutée.
3- Pages 13 et 14 : « Nous
habitions en ordure du chemin de fer [
] et il
arrivait fatalement que les serpents
pénétrassent dans la concession.
»
Que signifie le mot «
concession » ?
Que symbolise le train ?
Quels mots évoquent le danger qu'il
représente ?
Quels mots évoquent la cruauté ?
Pourquoi le narrateur y passe-t-il « de longs
moments [de] contemplation » ?
Que symbolisent les rails ?
On peut lire ce
passage comme symbolique des dangers que
représente la colonisation et la vie moderne
qu'elle représente par rapport à la vie
traditionnelle qui va s'éteindre avec le
départ d'individus comme le narrateur, qui
préféreront l'attrait de l'école
occidentale aux mystères des génies de
leur race.
4- Pages 19 et 20 : « Tu vois
bien toi-meme que je ne suis pqs plus capable qu'un autre
[
] il faudra désormais que tu me
fréquentes davantage. »
Etudiez dans ce passage le
rapport de l'homme au clan à travers le
serpent.
Notez la prédominance de l'esprit communautaire
sur l'individualisme.
Remarquez le vocabulaire utilisé pour
évoquer l'apprentissage du fils. Contrastez avec
l'école occidentale.
[haut
de page]
Chapitre 1 ~ Questions
de contrôle des
connaissances
1- A qui est dédié
L'Enfant noir ?
A la mère du
narrateur.
2- Quel titre donneriez-vous
à ce chapitre ?
Les réponses varieront ; par
exemple :
Du côté du
père : le serpent.
3- Quels sont les lieux
décrits dans ce chapitre ?
La concession,
l'atelier du père, la case du père et sa
véranda, les rails.
4- Que représente le chemin
de fer ?
Il représente la
présence des Français et leur technique ;
il représente par conséquent un certain
danger, celui de la destruction d'une civilisation par
une autre, par le feu du métal.
5- Que représente le petit
serpent noir ?
Il représente le
génie du clan des forgerons, dont le père
de l'enfant est le chef.
6- Qu'est-ce que l'animisme
?
L'animisme est une
croyance selon laquelle toutes les créatures ont
un esprit : les hommes, les animaux, les rivières,
la terre, etc.
7- Pourquoi le père et la
mère de l'enfant ne partagent-ils pas la même
case ?
Parce que, dans une
société polygame, chaque épouse
occupe sa propre case avec ses enfants. Le père a
aussi la sienne, mais il partage ses nuits
également entre ses différentes
femmes.
8- Que faudrait-il que l'enfant
fasse pour hériter de la position de son père
?
Il faudrait qu'il
quitte l'école européenne et
fréquente l'atelier de son père pour y
apprendre le métier de forgeron, mais aussi le
comportement à suivre pour attirer sur lui le
génie du serpent noir.
9- Pourquoi son père ne lui
parle-t-il qu'une seule fois de cet héritage possible
?
Parce que ce choix ne
doit pas être imposé mais librement
choisi.
10- Que pouvez-vous dire du point
de vue du narrateur ?
Il oscille entre celui
du narrateur-enfant et celui du
narrateur-adulte.
[haut
de page]
Chapitre 1 ~ Sujets de
devoir ou d'activités de
groupe
CHAPITRE
2
Résumé
| Questions
de lecture |
Textes
choisis | Contrôle
des connaissances |
Sujets de
devoir
Chapitre 2 ~ Questions
de lecture et réponses
possibles
1- Quel titre donner à ce chapitre ?
Du côté du père : le
travail de l'or.
2- Que fabrique l'orfèvre et pour qui ?
L'orfèvre fabrique des bijoux, en
particulier pour les femmes, friandes de parures, dans
une société qui les encourage.
3- Qu'est-ce que le Ramadan ? La Tabaski ?
Le Ramadan correspond au neuvième mois
lunaire sur le calendrier islamique ; c'est un mois de
jeune durant lequel les musulmans cultivent leur
spiritualité un peu plus profondément que
d'ordinaire. http://spv.jeunes-fr.com/article.php?tid=4857
La Tabaski est une autre fête musulmane
commémorant le sacrifice d'Abraham.
C'est le moment d'expliquer la présence de
l'Islam en Afrique en général, et en
Guinée en particulier. L'article d'Eric Sellin,
« Islamic Elements in Camara Laye's L'Enfant noir
» explore dans l'ouvrage l'intersection de l'islam
avec la tradition africaine.
4- Quelles définitions ce chapitre propose-t-il du
métier de griot?
Page 25, il est présenté comme
« un solliciteur et un louangeur officiel »
;
Page 26, son métier est ainsi défini
: « flatter » et « maintenir la tradition
», « rappeler les hauts faits [des]
ancêtres » ;
Page 34, on l'appelle « thuriféraire
à gages » ;
Page 34, il est aussi défini comme « un
homme qui créé son chant sous l'empire
d'une nécessité toute intérieure
», c'est-à-dire un poète ;
Page 35, il est comparé à un «
troubadour ».
Le griot apparaît donc comme un louangeur
à gages, historien, gardien de la tradition et
poète. Il doit maintenir l'équilibre entre
invention et fidélité à la
mémoire du peuple : « c'est métier de
griot que de flatter ! Il ne devait pourtant pas beaucoup
malmener la tradition, car c'est métier de griot
aussi de la maintenir intacte. »
5- Comment l'orfèvre doit-il se préparer
à son travail ?
Page 32 : « L'artisan qui travaille l'or
doit se purifier au préalable, se laver
[
], s'abstenir [
] de rapports
sexuels [
] le corps enduit de
surcroît des substances magiques celées dans
ses nombreuses marmites de gris-gris. »
6- Comment interpréter ce devoir de «
pureté rituelle » ?
Les croyances traditionnelles,
écrivent Laurent Monye et Kenneth Swanson, dans
leur article « Convergences thématiques et
narratives dans La Rue Cases-Nègres de Joseph
Zobel et L'Enfant noir de Camara Laye », « ont
pour base le culte des ancêtres et des
génies de la nature &endash;bons et
mauvais&emdash;qui guident et protègent les
vivants au moyen des puissances surnaturelles ».
Le griot fait appel à l'esprit des
ancêtres (page 25), l'orfèvre se met en
état de recevoir l'aide des génies de sa
race, mais aussi du vent, du feu et de l'or (29).
Il y a donc une dimension spirituelle au travail
technique : « L'opération qui se
déroulait sous mes yeux n'était une simple
fusion d'or qu'en apparence ; c'était une fusion
d'or [
] mais c'était bien autre
chose encore : une opération magique que les
génies pouvaient accorder ou refuser.
»
7- Quelles associations peut-on faire entre le serpent et
le travail de l'or ?
L'or liquide a la forme d'un serpent : un
« mince trait de feu » (30) ;
L'or et le serpent ont une semblable
capacité de transformation : l'or devient maniable
sous l'effet du feu, le serpent mue ;
L'or, comme le serpent, siffle lors de sa
transformation.
8- Comment qualifier l'attitude de la femme de
l'orfèvre à la fin du chapitre ?
Elle se montre méprisante.
Elle craint que le travail de l'or ne nuise
à la santé de son mari.
Elle se méfie des restes de la
transformation de leur puissance maléfique
peut-être.
[haut
de page]
Chapitre 2 ~ Textes
choisis et suggestions de
lecture
1- Page 24 : étude du
premier paragraphe.
Faites une liste des mots
utilisés pour évoquer le travail de l'or,
et commentez cette présentation.
Le verbe «
passionner »
L'adjectif « noble
»
Le substantif «
doigté »
Le mot « fête
»
Le travail de l'or est
présenté comme un acte technique («
doigté ») et politique (« noble
») ; c'est aussi un acte public
présenté comme une
célébration (« fête »)
et un spectacle émouvant (« passionnait
»).
Quel procédé
stylistique souligne son caractère
privilégié ?
Le fait qu'il soit
présenté au superlatif.
2-Pages 25-26 : « Dès
lors, pour aider leur chance d'être rapidement
servies, [
] mon père prenait ses
balances, pesait l'or. »
Relevez dans ce passage
les mots et expressions qui définissent le griot
et ses fonctions.
Solliciteur,
louangeur, chanter, rappeler les hauts faits des
ancêtres, un grand arbre
généalogique, couplets, la cora, la
harpe, la tradition orale, flatter, maintenir la
tradition, etc.
Comment le griot apprend-il son
métier ?
Oralement, par
l'exemple de ses
prédécesseurs.
Quel est le résultat de
ses efforts ?
Il inspire
l'orfèvre à continuer l'uvre de
ses ancêtres en lui insufflant l'orgueil de sa
position et de son pouvoir.
3- Pages 28-29 : « Il arrivait
aussi que, gêné dans ses mouvements, mon
père fît reculer les apprentis.
[
] Oui, ces génies-là presque
certainement, qui sont parmi les fondamentaux et qui
étaient également nécessaires à
la fusion ; »
A quoi est comparée
la fusion de l'or ?
Aux «
épousailles » des génies
fondamentaux, c'est-à-dire au mariage des
éléments.
Pourquoi y a-t-il alors
obligation de silence ?
Pour entendre le
sifflement de l'or, la voix du serpent d'or, vivant le
temps de sa transformation ; pour que l'orfèvre
puisse se concentrer sur se « incantations »
intérieures, paroles magiques qu'on forme sans
les prononcer, paroles secrètes
détentrices d'un pouvoir à ne pas mettre
dans les oreilles ou la bouche de n'importe qui, car
une fois prononcé, le mot devient
vivant.
Quel rapports entre
l'orfèvre et les génies se trouve
tissé par les mots utilisés pour les
décrire ?
Des mots comme
« épousailles », « mariage
», « aide », « amitié
», évoquent une personnification des
génies ; ils suggèrent un désir
d'alliance entre les hommes, représentés
par l'orfèvre, et la nature,
représentée par les
éléments.
3- Pages 34-35 : « Au vrai, le
griot participait curieusement &endash; mais j'allais dire :
directement, effectivement &endash; au travail.
[
] il dansait la glorieuse danse.
»
Quelle nouvelle dimension
du griot se fait jour ici ?
Celle de
poète : « un homme qui crée son
chant sous l'empire d'une nécessité
toute intérieure. »
Le succès d'un
artiste (l'orfèvre) en inspire un autre (le
poète).
Qu'est-ce que « la douga
» ?
C'est à la
fois un chant et une danse : « grand chant qui
n'est chanté que pour les hommes de renom
[par le griot], qui n'est dansé que par
ces hommes [ici l'orfèvre]. »
Dans L'Imaginaire dans les
romans de Camara Laye, Ada Uzoamaka Azodo y voit une :
«danse de triomphe et d'exaltation de l'homme qui
a gagné la lutte contre les vicissitudes du
temps. Le forgeron brandit ses trophées en
forme de marteau, symbole de la technique et de la
technologie du dieu primordial, et en forme de corne
de mouton, signifiant la subjugation du monde animal
et instinctif par l'intelligence supérieure de
l'homme. Toute la communauté se joint à
cette célébration spirituelle en
témoignage de l'espoir dans le progrès
de l'humanité. »
Pourquoi faut-il prendre des
précautions pour la chanter et la danser
?
C'est un chant de
« triomphe » qui « provoque » la
jalousie d'autres hommes (« confrère
») ou d'autres génies (« mauvais
»).
C'est un chant d' «
exaltation » qui entraîne une certaine
« perte de contrôle » qui rend les
sujet vulnérable aux volontés malignes
jeteuse de mauvais « sorts ».
On voit ici se profiler
l'idée que chacun, à son niveau, peut
faire alliance avec toutes sortes de génies
dans l'espoir d'obtenir un pouvoir accru sur son
environnement.
[haut
de page]
CHAPITRE 2 ~ Questions
de contrôle des
connaissances
1- A quelle opération
technique et magique le lecteur est-il initié dans le
deuxième chapitre ?
Au travail de
l'or.
2- Pourquoi la cliente
amène-t-elle un griot ?
Pour flatter
l'orfèvre et le convaincre de mettre ses
obligations de côté momentanément
pour lui fabriquer son bijou.
3- Quelles sont les fonctions du
griot ?
De flatter, de rappeler
l'histoire, de maintenir la tradition, tout en chantant
et en s'accompagnant à la cora. Il fait aussi
fonction de poète.
4- Comment l'orfèvre doit-il
se préparer au travail de l'or ?
Il doit être en
état de « pureté rituelle »,
c'est-à-dire le corps lavé, enduit de
substances magiques et chaste pour présider aux
« épousailles » des génies du
feu, de vent et de l'or.
5- A quelles croyances cette
opération technico-magique fait-elle
référence ?
Elle fait
référence à des croyances animistes
selon lesquelles tout a une âme capable de se
communiquer, de s'invoquer et de s'exprimer en bien comme
en mal, et qu'il faut savoir s'attirer les bonnes
grâces de ces esprits lorsque l'on désire
transformer la nature.
[haut
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Chapitre 2 ~ Sujets de
devoir ou d'activités de
groupe
- Ecrire une brève version
du chapitre du point de vue du griot ;
- Du point de vue du père
;
- Du point de vue d'un des
apprentis.
- Discuter des différences
du travail du métal entre cette perspective
guinéenne traditionnelle et celle pratiquée
dans votre culture.
[haut
de
page]
Glossaires
par chapitre |
Glossaire
général |
Résumés
Plan
d'étude |
Ressources
et illustrations |
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au site destiné aux élèves
Page mise à jour le 11
juillet 2003
© C. Renaudin & S. Toczyski
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