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© C. Renaudin & S.
Toczyski
En préparation à l'examen
AP:
L'Enfant noir de Camara Laye
Un dossier pédagogique
préparé par
Christine Renaudin & Suzanne Toczyski
Sonoma State University
Glossaires
par chapitre |
Glossaire
général |
Résumés
Plan
d'étude |
Ressources
et illustrations |
Lien
au site destiné aux
élèves
Séance 4
Chapitres 5
& 6
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
CHAPITRE
5
Résumé
| Questions
de lecture |
Textes
choisis |
Contrôle
des connaissances |
Sujets de
devoir
Chapitre 5 ~ Questions
de lecture et réponses
possibles
1. Quel titre donneriez-vous au
chapitre ?
Du côté de
la mère : le crocodile.
2. A votre avis pourquoi le
narrateur demeure-t-il chez sa mère tandis que tous
ses frères et soeurs dorment chez leur
grand-mère paternelle ?
Parce qu'il est
l'aîné et représente pour sa
mère la consécration de son rôle
d'épouse.
3. D'après ce chapitre, en
quoi consistent les occupations de la mère du
narrateur ?
Elle est chargée
de la préparation de la nourriture, de
l'éducation des enfants du point de vue de
certaines règles de vie dont elle est la
gardienne, comme, dans ce chapitre, les règles
régissant la nourriture prise en
famille.
4. Quel portrait en feriez-vous
?
C'est une femme
généreuse, qui traite les apprentis de son
mari comme ses propres enfants ; une femme travailleuse,
qui se lève aux premières lueurs de l'aube
pour préparer le repas familial ; une femme
d'autorité qui sait se faire respecter ; une femme
d'influence, dont les pouvoirs magiques sont
respectés ; une femme de naissance noble, issue
d'un clan de forgerons, et qui a hérité du
totem familial, le crocodile.
On ne sait rien de son aspect
physique, ni de ses soucis de femme en particulier. Comme
l'a fait remarquer Deborah Weagel, il s'agit d'un
portrait idéalisé, qui tend à
effacer la femme particulière.
5. Quelles sont les règles
des repas chez le narrateur ? Qu'est-ce qui les justifie ?
On ne lève pas
les yeux sur ses aînés, on ne parle pas ;
ceci en manière d'honorer la nourriture
consommée.
6. D'où viennent les
pouvoirs spéciaux de la mère du narrateur
?
Ils lui viennent de sa
position dans l'ordre des naissances, puînée
de jumeaux, et du totem familial, le
crocodile.
7. Que pensez-vous de son
incantation, page 75 ?
Elle repose sur les
valeurs de virginité et de fidélité
sexuelles.
8. Trouvez dans le chapitre une
bonne définition du totem.
Page 79 : « Il y a
identité entre le totem et son possesseur ;
[...] telle que le possesseur a le pouvoir de
prendre la forme même de son totem ; dès
lors il saute aux yeux que le totem ne peut se
dévorer lui-même. »
On peut cependant se demander
si chaque membre d'une même famille le manifeste de
la même façon.
9. Quelles questions aimeriez-vous
pouvoir poser à Dâman, la mère du
narrateur ?
[haut
de page]
Chapitre 5 ~ Textes
choisis et suggestions de
lectures
1. Pages 71-73 : Au réveil,
après nous être fait un peu bien prier, nous
trouvions prêt le repas du matin. [...]Mon
père avait l'esprit à son travail, il
abandonnait ces prérogatives à ma mère.
»
Quel est le temps dominant
du passage, et qu'est-ce que cela indique ?
C'est l'imparfait,
qui indique ici la description d'une habitude dans le
passé.
Quel rituel décrit ce
passage ?
Le repas du
matin.
Comment s'organise le repas
?
C'est la mère
qui est la seule responsable de sa préparation
;
Il réunit toute la famille, y compris les
apprentis, une bonne douzaine de personnes;
Les hommes et les femmes se partagent des plats
séparés.
« [I]l y avait un
plat pour les hommes, et un second pour ma mère et
mes soeurs » ; qu'indique ici l'ordre de la phrase
et le choix des mots ?
L'ordre des mots
dans la phrase souligne la préséance des
hommes ;
Le choix des mots aussi :
il y a d'abord les hommes, et puis non les femmes,
mais la mère et les soeurs, comme si leur
identité dépendait en effet de leur lien
de parenté avec les hommes, ce qui est le cas
dans de nombreux pays musulmans.
Si le père préside
le repas, en quoi la mère le gouverne-t-elle
?
Le vocabulaire
utilisé, en effet, indique le caractère
politique du repas : le verbe présider, les
règles et les interdits.
La mère
contrôle le repas en tant que responsable de sa
production ;
Elle se voit aussi
attribuer, par défaut, parce que son mari a
mieux à faire, la tâche de faire
appliquer les lois de ce repas.
Quelles sont les règles
du repas et qu'est-ce qui les justifie ?
Ne pas lever les
yeux sur ses aînés, et ne pas parler, car
l'heure est « à honorer la nourriture
».
Ne pas lever les yeux sur
ses aînés : s'agit-il ici de ne pas
interroger, même du regard, ni demander de
comptes quant à la nourriture qui est alors
produite, quelle qu'elle soit ? On peut en effet
imaginer des périodes de famine lors desquelles
il faut savoir se contenter de ce qu'il y a sans
douter de la bonne volonté ou de la
capacité des adultes responsables de faire de
leur mieux ? cela expliquerait aussi l'obligation de
se servir devant soi, sans douter de la
générosité et de
l'honnêteté foncière des
aînés...
Ne pas parler
reflète dans de multiples cultures le respect
de la nourriture.
Que pensez-vous des
différentes formes de remerciements offerts au
père et à la mère ?
On dit « merci
» au père, d'avoir pourvu aux besoins de
nourriture, et on complimente la mère d'avoir
su l'accommoder.
2. Pages 74-75 : Un jour &endash;
c'était à la fin du jour -- [...]il va
de soi que ses interventions sont toujours, sont
forcément délicates .»
Quels sont les temps
utilisés dans ce passage ?
Le passé
simple et l'imparfait, qui servent à faire le
récit d'un événement passé
;
Le présent et le
futur, qui servent à interpréter et
expliquer l'événement
passé.
A quoi le narrateur
attribue-t-il le pouvoir de sa mère ?
Il l'attribue
à sa place de naissance, puînée de
jumeaux, confirmant l'idée reprise par Jacques
Olney dans son article, « The value of
Autobiography for Comparative Studies : African vs.
Western Autobiography », à savoir que dans
la perspective africaine, une personne ne vaut que par
sa place dans la communauté : « a person
is what he is because and through other people »
(218).
Etudiez en détails
l'incantation de Dâman. Notez que contrairement
à l'incantation muette de son mari lors de la
fusion de l'or, celle de Dâman est faite «
solennellement » et à haute voix.
D'après cette incantation, où puise-t-elle
l'autorité de faire se lever le cheval ? Qu'en
pensez-vous ?
Son incantation
repose sur les deux piliers du patriarcat, à
savoir la virginté et la fidélité
sexuelle des femmes. On peut discuter des raisons
historiques d'un tel ordre de choses : le désir
de reconnaissance de la paternité
entériné par les lois d'héritage
par les mâles, etc. On peut aussi
débattre de ces concepts dans
l'actualité et dans des cultures plus proches
des étudiants.
Ici, il est important de
remarquer que Dâman a fait siennes ces valeurs,
au point de les réaffirmer solennellement, et
à voix haute, comme garantie de ses autres
pouvoirs.
3. Page 80 : le dernier paragraphe
du chapitre.
Quel titre donneriez-vous
à ce paragraphe ?
La fin d'un monde
?
Pourquoi le narrateur veut-il
« rien dire de plus » ?
Parce qu'il ne sait
rien de plus. Il est parti trop tôt pour avoir
été initié aux mystères de
sa culture, à tel point qu'il ne connaît
pas son propre totem.
Parce que la sagesse
mandingue repose sur le secret. Bourgeacq se
réfère à Sony Camara, auteur de
Paroles très anciennes ou le mythe de
l'accomplissement de l'homme, texte dans lequel se
trouve expliqués bien des aspects de la
philosophie mandingue, qui repose sur le secret.
« Ces 'paroles très anciennes'
[...] passent [...] des anciens aux
individus suffisamment persistants pour poser des
questions et continuer d'écouter les
réponses. La pédagogie des anciens
repose sur des explications partielles [...]
ce qui force le disciple à réflechir et
à établir pour lui-même
[...] les associations mentales
nécessaires entre l'expérience
personnelle et le savoir traditionnel. » (
503-504. C'est moi qui traduit de
l'anglais)
Le narrateur a
quitté son pays bien avant d'avoir le temps de
mettre en place un tel processus
d'apprentissage...
Quels sont les temps du
paragraphe ? Que reflètent-ils ?
Le présent et
l'imparfait. Le narrateur alterne entre
l'évocation d'un monde passé et celle de
sa situation actuelle face à cette
réalité passée.
Quels mots le narrateur
utilise-t-il pour qualifier les hauts faits de sa
mère ?
Il emploie les mots
de « prodiges », «
événements fabuleux », pour
refléter son admiration et son respect des
« secrets » de sa culture
d'origine.
Etudiez le jeu des pronoms
personnels dans ce paragraphe. Que remarquez-vous
?
Du « je »
du début du paragraphe, le narrateur passe au
« nous » en milieu de paragraphe, au moment
où il évoque le changement du monde,
c'est-à-dire quelque part, la fin d'un monde,
du monde de son enfance. C'est à évoquer
ce monde &endash; « le mien » --, que le
narrateur passe du pronom personnel singulier au
pluriel, à la communauté qui a pour lui
cessé d'être la même... parce qu'il
s'en est détaché, entre autres raisons.
Quant aux autres raisons, comme l'influence de la
colonisation, de l'école française,
etc., il choisit de les passer sous silence. A
appliquer la sagesse mandingue à cet effet de
silence, on peut comprendre que ces «
explications » sont quelque part tabous, qu'elles
risqueraient de « déclencher des forces
dérangeantes et non désirées
» (Bourgeacq 508). Mais il faut se poser la
question de savoir si ces forces dérangeantes
le seraient pour la culture mandingue ou le public de
L'Enfant noir, ou peut-être les
deux...
Quel est le refrain de ce
paragraphe ?
« Le monde
bouge, le monde change ». La dernière
phrase du paragraphe met le narrateur en position de
victime des changements du monde : voyageur moderne
égaré sans totem. Quelle est sa part
dans ce changement ?
[haut
de page]
Chapitre 5 ~ Questions
de contrôle des
connaissances
1. Quel titre donneriez-vous au
chapitre ?
Du côté de
la mère : le crocodile.
2. D'après ce chapitre, en
quoi consistent les occupations de la mère du
narrateur ?
Elle est chargée
de la préparation de la nourriture, de
l'éducation des enfants du point de vue de
certaines règles de vie dont elle est la
gardienne, comme, dans ce chapitre, les règles
régissant la nourriture prise en
famille.
3. Quel portrait en feriez-vous
?
C'est une femme
généreuse, qui traite les apprentis de son
mari comme ses propres enfants ; une femme travailleuse,
qui se lève aux premières lueurs de l'aube
pour préparer le repas familial ; une femme
d'autorité qui sait se faire respecter ; une femme
d'influence, dont les pouvoirs magiques sont
respectés ; une femme de naissance noble, issue
d'un clan de forgerons, et qui a hérité du
totem familial, le crocodile.
On ne sait rien de son aspect
physique, ni de ses soucis de femme en particulier. Comme
l'a fait remarquer Deborah Weagel, il s'agit d'un
portrait idéalisé, qui tend à
effacer la femme particulière.
4. D'où viennent les
pouvoirs spéciaux de la mère du narrateur
?
Ils lui viennent de sa
position dans l'ordre des naissances, puînée
de jumeaux, et du totem familial, le crocodile.
5. Donnez une définition du
totem.
Page 79 : « Il y a
identité entre le totem et son possesseur ;
[...] telle que le possesseur a le pouvoir de
prendre la forme même de son totem ; dès
lors il saute aux yeux que le totem ne peut se
dévorer lui-même. »
On peut cependant se demander
si chaque membre d'une même famille le manifeste de
la même façon.
6. Quel est le totem de Dâman
? D'où lui vient-il ?
Le crocodile. Il lui
vient de son père et lui permet de puiser dans
l'eau du Niger sans craindre les crocodiles.
7. Quel est celui du narrateur
?
Il ne le connaît
pas.
[haut
de page]
Chapitre 5 ~ Sujets de
devoir ou d'activités de
groupe
Résumé
| Questions
de lecture |
Textes
choisis | Contrôle
des connaissances |
Sujets de
devoir
Chapitre 6 ~ Questions
de lecture et réponses
possibles
1. Qu'est-ce que l'école coranique ? Qu'y
apprend-on ? Et à l'école française,
que pensez-vous qu'on y apprenne ?
A l'école coranique, on apprend les
versets du Coran, le livre saint des musulmans ;
A l'école française, on apprend le
français, écrit et oral, le calcul,
l'histoire (de France), la géographie,
etc.
2. Comment ce chapitre s'articule-t-il au
précédent ? Citez une phrase de transition
?
Voir le deuxième paragraphe.
3. Que pensez-vous de cette remarque : « comme tous
les garnements de la terre, nous aimions nous moquer des
filles et les houspiller ». Cela correspond-il à
votre expérience ?
Les réponses varieront avec
l'expérience des élèves. A
débattre en classe : d'où vient ce
désir de se moquer de l'autre sexe ?
4. Faites le portrait du maître d'école en
vous servant de vos mots à vous, mais en illustrant
par des citations et expressions prises dans le texte.
Il se caractérise par sa
vivacité et sa volubilité. Il est
présenté comme un homme très
autoritaire, qui fait règner le silence et
n'hésite pas à avoir recours aux punitions
corporelles. Il est aussi décrit comme
extrêmement pointilleux, ce qui n'était pas
rare pour l'époque.
Les punitions corporelles se pratiquaient alors en
France vis à vis des Français, comme en
Afrique vis à vis des Africains dans certaines
écoles coraniques : voir L'Aventure
ambiguë.
5. A quel élément le narrateur compare-t-il
le maître d'école ? Quelles en sont les
connotations ?
Il est comparé au vif-argent,
c'est-à-dire le mercure, qui évoque le
mouvement et la rapidité, ainsi que l'aptitude
à passer d'une forme à une autre. On
imagine le maître comme l'esclave d'emotions qu'il
ne chercherait pas tant à contrôler
qu'à passer sur le dos de ses
élèves...
6. Pour quelles raisons les élèves sont-ils
si attentifs et calmes ?
Ils ont la passion de l'étude et la
crainte de devoir exposer leur ignorance au tableau noir.
Ils ont aussi probablement peur du maître.
On peut aussi citer Kasongo : « Avec sa
panoplie d'expertise &endash; et les effets fulgurants de
la conquête française sont suffisamment
imposants pour persuader tout incrédule &endash;
'l'école nouvelle' apparaît comme une
panacée » (Kasongo 11).
7. Sur quel ton le narrateur décrit-il le
maître d'école ? cela vous surprend-il ?
Le narrateur utilise un ton calme et presque
désinvolte, ce qui n'est pas sans surprendre. On
s'attendrait à un ton plus critique par exemple.
Mais l'insistance qu'il met à faire varier le
vocabulaire pour insister sur les punitions corporelles
et la jouissance sadique du maître rattrape cette
apparente désinvolture. Il est en effet question
de « la férule » du maître, de
« volée de coups de bâtons », de
« correction », de « coups de trique
», de « mani[er] le bâton »,
etc. Il est impossible au lecteur de ne pas voir
l'omniprésence de la violence autour de ce
maître.
8. Quelles sortes de punitions sont infligées aux
élèves ?
Les punitions infligées sont d'abord
corporelles, et puis, au fur et à mesure qu'on
monte en grade, elles deviennent des corvées
à accomplir pour l'école et son directeur.
9. Que reflètent-elles ?
Elles reflètent une habitude
d'exploitation coloniale par ailleurs complètement
passée sous silence dans ce livre.
10. Quels effets nuisibles ont-elles sur les
élèves ?
Elles ont pour effet nuisibles de
disséminer l'idée d'exploitation par
l'exemple. Ainsi les grands deviennent-ils les bourreaux
des petits, qu'ils traitent en esclaves.
11. Comment finit par se résoudre la situation
d'injustice qui règne à l'école
française entre les élèves ?
Les enfants se plaignent aux parents, qui
prennent l'initiative d'intervenir, confirmant encore une
fois Kasongo sur l'importance de la cellule familiale
« considérée non seulement comme base
unitaire sociale, mais aussi comme source de toute
autorité morale» (Kasongo 17).
12. Combien y a-t-il de dialogues dans ce chapitre ?
Qu'en déduire du rôle de l'école ?
- Dialogue entre Fanta et Camara (82-83) ;
- Entre Kouyaté et Camara (91-92) ;
- Kouyaté et son père, puis Himourana
(92-93) ;
- Fanta et Camara (95-96) ;
- Camara et son père (96-97) ;
- Le père de Camara et le directeur (98-99) ;
- Camara et son père (100)
Ce chapitre est le plus riche en dialogues.
L'école, avec toutes les controverses qu'elle
crée, délie les langues, oblige à se
mouiller, à s'affirmer et s'exprimer. C'est un
catalyseur social.
[haut
de page]
Chapitre 6 ~ Textes
choisis et suggestions de
lectures
Pages 84-85 : « A
l'école, nous gagnions nos places [...] il
maniait le bâton avec une joyeuse verdeur.
»
Qu'est-ce qui
caractérise le maître ?
Il se
caractérise par sa vivacité et sa
volubilité. Il est présenté comme
un homme très autoritaire, qui fait
règner le silence et n'hésite pas
à avoir recours aux punitions corporelles. Il
est aussi décrit comme extrêmement
pointilleux, ce qui n'était pas rare pour
l'époque.
Il est décrit comme
du vif argent, insaisissable, « partout à
la fois » ; on ne peut pas lui
échapper.
Sur quoi s'appuie son
autorité ?
Sur la violence
(« correction ») physique, mais aussi, bien
que le texte n'en dise rien explicitement, sur
l'autorité (non-dite, sous entendue) de
l'administration française.
Qu'est-ce que le maître
cherche à discipliner ?
Il ne cherche pas
à discipliner des élèves bavards,
par exemple, puisqu'ils sont tous déjà
très silencieux ; il utilise la violence pour
châtier le non-savoir : l'ignorance d'un
élève envoyé au tableau est punie
de coups de bâton, par exemple.
Il « discipline
» aussi la piètre exécution
d'exercices d'écriture.
C'est un maître de
la vieille école, du temps où l'on
pensait encore pouvoir faire apprendre les
élèves par la force. Les punitions
corporelles se pratiquaient alors en France vis
à vis des Français, comme en Afrique vis
à vis des Africains dans certaines
écoles coraniques : voir L'Aventure
ambiguë.
Que pensez-vous d'un tel
maître ?
Les réponses
varieront, mais on peut noter le fait que de tels
maîtres ne sont plus tolérés dans
la culture américaine ou française de
nos jours. On ne croit plus aux vertus de la violence
pour éduquer la jeunesse. Par quelles valeurs
a-t-on remplacé cette croyance ?
Camara Laye écrit
lui-même, page 88 : « l'excès de
sévérité n'est pas
précisément fait pour beaucoup
développer les bons sentiments.
»
2. Pages 89-90 : « Voyant que
le travail n'avançait pas comme le directeur
l'attendait [...] notre passion pour
l'indépendance et pour l'égalité.
»
Situez le texte en
répondant aux questions suivantes : de quel «
travail » s'agit-il ? Quel rôle le directeur
a-t-il attribué aux grands ?
Il s'agit d'une
besogne de nettoyage imposée par le directeur
de l'école, et qui n'a rien à voir avec
le curriculum. Le directeur a donné aux grands
la tâche de faire exécuter la besogne :
« Veillez à ce que ce soit promptement
exécuté, disait le directeur aux grands
de dernière année ; sans quoi vous aurez
affaire à moi ! »
Comment les grands
remplissent-ils ce rôle ?
Sous la menace du
directeur, les grands usent à leur tour de la
menace vis à vis des petits, en un cercle
vicieux d'abus de pouvoir, de tyrannie, ou pour
utiliser un mot plus à la mode, de terrorisme
(gouvernement par la crainte).
Pour quelle autre solution
évoquée dans le texte pourraient-ils opter
?
Les grands
pourraient organiser la tâche et travailler de
concert avec les plus petits : « s'y atteler avec
[eux] » (89).
Comment rendent-ils la situation
plus blessante et plus humiliante encore ?
Ils usent avec les
petites des méthodes des maîtres et se
mettent à les fouetter » avec des
branchages jusqu'à ce que les petits offrent de
les payer pour qu'ils arrêtent.
Quel est le sens de « le
nôtre », page 90 ?
Le pronom fait ici
référence au peuple Malinké tout
entier, à ses valeurs et sa dignité
souveraine. Le scandale à l'école
française rejoue, à des proportions plus
réduites, le scandale de la colonisation.
L'école française est ici
dénoncée comme l'arène d'une
lutte d'influences où l'on semble apprendre les
valeurs de domination aux dépens des valeurs
traditionnelles aux Malinké, de
solidarité et d'indépendance.
3. Pages 98-101 : «Dans
l'après-midi, à l'heure de la sortie, mon
père vint comme il l'avait annoncé.
[...]les «élèves de
dernière année cessèrent de nous
brimer. »
Les enfants finissent par
se plaindre aux parents, qui réagissent.
Résumez cette fin de chapitre.
Le père de
Camara se présente à l'école et
confronte le directeur à la situation sans
ambages ni paroles détournées : «
les grands battent les petits, leur extorquent leur
argent et mangent leurs repas. Es-tu aveugle ou le
fais-tu exprès ? ». Le directeur
répond par une provocation qui lui vaut
d'être rossé en public par le père
de Camara. D'abord fier de cette démonstration
de force, l'enfant s'inquiète des
conséquences sur son acceptation à
l'école. Son père le rassure en
prédisant les excuses du directeur qui, de
fait, vient s'excuser le lendemain. Le père
accepte ses excuses, mais il est trop tard ; il a
donné l'exemple de la rébellion à
d'autres parents, dont la plainte aboutit à
l'expulsion du directeur. C'est la victoire des
parents et des valeurs familiales sur
l'autorité des maîtres.
Comment se manifeste d'abord la
colère du père ?
Il aborde le
directeur sans le saluer, ce qui est contraire
à toutes les règles de
courtoisie.
Donne-t-il au directeur une
chance de s'expliquer et/ou de se justifier ?
Oui, il lui demande
de s'expliquer.
Quel mot clé
résume le fondement de la colère du
père ?
Le mot «
esclave » dans la réplique : « cela
ne ma regarde pas que l'on traite chez toi mon fils
d'esclave ? » C'est une question de
liberté, de souveraineté et de
dignité.
Quelle est la crainte du
narrateur ?
Il craint
d'être renvoyé de l'école. C'est
dire son amour de l'école et ce que ça
représente pour les enfants du village, bien
que Camara Laye ne nous en explique rien en
détails.
Pourquoi est-il si
attaché à l'école ?
C'est très
certainement une question de faire comme tous les
autres enfants de la ville, mais aussi, encore une
fois, l'idée que l'école
française représente dans les esprits la
promesse d'un savoir dominateur, de l'obtention des
outils nécessaires à partager la force
de l'occupant etc.
Que pensez-vous de
l'échange entre père et fils, page 100
?
L'enfant n'a pas
peur de s'exprimer devant son père, ni
même de prendre le risque de se contredire.
C'est qu'il sait pouvoir compter sur le respect de son
père, sur son écoute, sa force et sa
protection. L'autorité du père n'est pas
du tout fondée sur les mêmes bases que
celle du maître ou du directeur.
[haut
de page]
Chapitre 6 ~ Questions
de contrôle des
connaissances
1. Camara va à deux
écoles successivement. Quelles sont-elles
?
L'école
coranique, où il apprend les versets du Coran, le
livre saint des musulmans ; l'école
française, où il apprend le
français, écrit et oral, le calcul,
l'histoire (de France), la géographie,
etc.
2. Comment ce chapitre
s'articule-t-il au précédent ? Citez une
phrase de transition.
Voir le deuxième
paragraphe.
3. Faites le portrait du
maître d'école en vous servant de vos mots
à vous, mais en illustrant par des citations et
expressions prises dans le texte.
Il se
caractérise par sa vivacité et sa
volubilité. Il est présenté comme un
homme très autoritaire, qui fait régner le
silence et n'hésite pas à avoir recours aux
punitions corporelles. Il est aussi décrit comme
extrêmement pointilleux, ce qui n'était pas
rare pour l'époque.
4. Pour quelles raisons les
élèves sont-ils si attentifs et calmes
?
Ils ont la passion de
l'étude et la crainte de devoir exposer leur
ignorance au tableau noir. Ils ont aussi probablement
peur du maître.
«'l'école
nouvelle' apparaît comme une panacée »
(Kasongo 11)
5. Quelles sortes de punitions sont
infligées aux élèves ?
Les punitions
infligées sont d'abord corporelles, et puis, au
fur et à mesure qu'on monte en grade, elles
deviennent des corvées à accomplir pour
l'école et son directeur.
6. Que reflètent-elles
?
Elles reflètent
une habitude d'exploitation coloniale par ailleurs
complètement passée sous silence dans ce
livre.
7. Quels effets nuisibles ont-elles
sur les élèves ?
Elles ont pour effet
nuisibles de disséminer l'idée
d'exploitation par l'exemple. Ainsi les grands
deviennent-ils les bourreaux des petits, qu'ils traitent
en esclaves.
8. Comment finit par se
résoudre la situation d'injustice qui règne
à l'école française entre les
élèves ?
Les enfants se
plaignent aux parents, qui prennent l'initiative
d'intervenir, confirmant encore une fois Kasongo sur
l'importance de la cellule familiale «
considérée non seulement comme base
unitaire sociale, mais aussi comme source de toute
autorité morale. » (Kasongo 17).
[haut
de page]
Chapitre 6 ~ Sujets de
devoir ou d'activités de
groupe
- Imaginez que le maître
d'école de Camara vienne pour un temps remplacer
votre professeur de français. Que se passerait-il
?
- Que pensez-vous de cette
remarque : « comme tous les garnements de la terre,
nous aimions nous moquer des filles et les houspiller
». Cela correspond-il à votre
expérience ?
- Existe-t-il dans votre culture
des situations semblables à celles-ci, où
des plus grands profitent des plus petits en les
terrorisant ? Donnez des exemples. Comment ces situations
se règleraient-elles ?
[haut
de
page]
Glossaires
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Résumés
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au site destiné aux étudiants
Page mise à jour le 11
juillet 2003
© C. Renaudin & S. Toczyski
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