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© C. Renaudin & S.
Toczyski
En préparation à l'examen
AP:
L'Enfant noir de Camara Laye
Un dossier pédagogique
préparé par
Christine Renaudin & Suzanne Toczyski
Sonoma State University
Glossaires
par chapitre |
Glossaire
général |
Résumés
Plan
d'étude |
Ressources
et illustrations |
Lien
au site destiné aux
élèves
Séance 6
Chapitres 9
& 10
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
CHAPITRE
9
Résumé
| Questions
de lecture |
Textes
choisis |
Contrôle
des connaissances |
Sujets de
devoir
Chapitre 9 ~ Questions
de lecture et réponses
possibles
1. Que pouvez-vous dire de la structure de ce chapitre
?
Ce chapitre, qu'on pourrait intituler «
le départ », se divise en deux grandes
parties principales : le récit des adieux à
Kouroussa, où le narrateur se représente le
regard tourné vers le passé, la fin d'un
certain mode de vie : « Ne quittais-je pas ici toute
une partie de mon passé ? » (159) ; le
récit du voyage et de l'arrivée à
Conakry , qui représente le début d'une
nouvelle vie.
Chacune de ces parties se divise à son tour
en sous parties. La scène des adieux est
structurée de façon chronologique et
s'attache à décrire les adieux du narrateur
aux personnages qui comptent le plus pour lui : sa
mère, son père, ses frères et ses
surs. La deuxième partie comprend une
description des étapes du voyage et des sentiments
qui animent le narrateur au fur et à mesure de son
voyage, une description de sa nouvelle famille, un
récit des premiers jours d'école,
accompagné d'un dialogue entre le narrateur et son
oncle pour débattre des vertus de
différentes écoles et options de
carrière, un résumé bilan de la
première année passée à
Conakry.
2. Qu'est-ce qui caractérise le départ du
narrateur ? Comment est-il orchestré ? Quelles
émotions le dominent ? Qui éprouve quoi et le
manifeste comment ?
Comme toujours la fête est au
rendez-vous, ritualisant le départ du jeune homme
et l'accompagnant de gestes traditionnels où se
retrouvent les influences combinées de l'animisme
et de l'islam. Si sa mère lui remet de l'eau
sacrée de Kankan, son père lui donne «
une petite corne de bouc renfermant des talismans
[
] qui [le] défendraient
contre les mauvais esprits » (158).
Les émotions dominantes sont celles de la
tristesse et du déchirement, dont les
manifestations les plus tangibles sont les larmes, les
cris ou le silence qui les contient : « Mais je
n'arrivais pas moi-même à
réfréner mes larmes et je la suppliai de ne
pas m'accompagner à la gare, car il me semblait
qu'alors je ne pourrais jamais m'arracher de ses bras.
Elle me fit signe qu'elle y consentait. » '159),
« Tout allait sans le dire » (162).
3. Qui accompagne le narrateur à la gare ?
Ses frères et surs, Fanta, les
griots, payés sans doute pour agrémenter
son départ des compliments d'usage.
A noter : la « préférence »
marquée du narrateur pour ses frères,
reflétée dans l'ordre des mots de la «
dernière vision » de Kouroussa : « mes
jeunes frères, ma sur, Fanta
»
comme dans cette réflexion : « dans le
brouhaha du départ, il me sembla que je ne voyqis
que mes frères » (164).
A noter encore : la flatterie suprême des
griots : « Tu es véritablement comme les
Blancs ! » (162). Cette flatterie indique la haute
dans laquelle les Malinké tiennent le «
savoir » des Blancs, que le narrateur s'en va
conquérir à l'école de
Conakry.
4. Sur une carte
de la Guinée, retracez l'itinéraire du
narrateur de Kouroussa à Conakry, en passant par
Dabola, Mamou, Kindia.
5. Une fois parti, qu'est-ce qui sort le narrateur de son
abattement ?
C'est le lendemain de son départ que
le narrateur sort de son abattement. Une nuit de repos y
est sûrement pour quelque chose, malgré son
inconfort, mais c'est surtout la distance parcourue en
temps et en espace qui aide à ce changement
d'humeur.
6. Combien de langues se trouvent mentionnées dans
ce chapitre ? A quels propos ?
Il y est question de quatre langues : Le
peul, parlé dès la première
étape (166), le soussou, la langue commune de
Conakry (167), le malinké (179), la langue
originelle du narrateur, et l'arabe, la langue d'adoption
de son oncle pour des raisons religieuses (174).
7. Qui attend le narrateur à Conakry ?
Son oncle Mamadou, le frère cadet de
son père, lauréat de l'Ecole Normale devenu
« chef comptable dans un établissement
français » (173).
8. Décrivez sa famille d'accueil.
C'est une famille traditionnelle polygame :
l'oncle Mamadou a deux femmes, Awa et N'Gady, qui
s'entendent très bien. C'est une famille «
fort unie et dont toute criaillerie demeurait
résolument bannie. Je pense que l'autorité,
très souple au reste et quasi secrète de
mon oncle Mamadou fondait cette paix et cette union.
» (173) Encore une fois c'est au père qu'on
attribue le bénéfice de la paix et de
l'union
9. Que pensez-vous de la peinture qu'en fait le narrateur
?
C'est une peinture un peu trop parfaite,
peut-être, idyllique. Les femmes s'entendent bien
et sont généreuses avec tout le monde, le
mari est d'une autorité discrète et souple,
dévot par ailleurs
tout semble un peu trop
idéal.
10. Pourquoi le narrateur préférerait-il
changer d'école ?
D'abord parce qu'il n'a rien appris durant le
premier jour de classe (175-176), ensuite parce qu'il ne
veut pas devenir ouvrier (177).
11. Quels arguments utilise son oncle pour l'en dissuader
?
D'une part il lui annonce que des changements
imminents vont mettre l'enseignement
général du Collège Georges Poiret au
niveau de celui du Collège Camille Guy. D'autre
part, parce qu'il lui fait valoir l'intérêt
de combiner science et technique, savoir et savoir faire
(178). Enfin parce qu'il exprime que si sa propre
carrière était à refaire il
choisirait la voie d'un enseignement plus pratique et
plus lucratif (177).
12. Dans l'ensemble, quel bilan le narrateur propose-t-il
de sa première année à Conakry ?
La dernière phrase du chapitre
évoque un bilan peu impressionnant : « Je
repartis pour Kouroussa comme vers une terre promise
» (180).
[haut
de page]
Chapitre 9 ~ Textes
choisis et suggestions de
lectures
1. Page 159-161 : « Quand je
revins près de ma mère [
] et je
poursuivis ma route vers la gare. »
Quelles émotions
dominent ce passage ?
Le chagrin et le
déchirement, la tendresse.
Relevez tous les verbes
qui évoquent le chagrin et le
déchirement des personnages. On trouve :
pleurer, sangloter, crier, se jeter dans les bras,
s'arracher, fondre en larmes, courir, partir
vite.
Quels sont les gestes
d'affection qui accompagnent les adieux ?
L'étreinte
(« je l'étreignis », « il me
serra contre lui ») le fait de prendre la main
(« il m'avait pris la main comme du temps
où j'étais encore enfant ».
Comment les personnages en
présence réagissent-ils respectivement
à l'intensité des adieux ?
Le père et la
mère réagissent
différemment.
La mère est muette
de chagrin, les larmes l'empêchent de parler, et
elle doit faire signe qu'elle consent à ne pas
accompagner son fils à la gare. L'arrachement
qui consiste à la priver de la vue de son fils
aîné n'est pas prévu au programme
de la tradition qui les a séparés au
moment du rite de la circoncision. Au contraire, selon
la tradition, une mère peut s'enorgueillir
chaque jour de la vue de son fils grandissant chaque
jour un peu plus sous ses yeux.
Le père
contrôle mieux ses émotions : il ne
pleure pas avant la dernière étreinte et
part avant d'avoir montré ses larmes, les
dérobant à la vue de son fils. Il se
montre tendre et affectueux, consolateur,
encourageant, et quand il se rend compte que son
affection rende la séparation encore plus
difficile à son fils, il change de tactique et
en appelle à son sens de l'honneur familial, de
la gratitude : « nous avons consenti pour toi des
sacrifices ; il ne faut point qu'ils demeurent sans
résulta. » (160). Finalement il lui confie
un peu de sa propre histoire personnelle pour lui
représenter sa chance. Il lui demande de se
montrer digne de lui : « Fais-moi honneur ! Je ne
te demande rien de plus » (161).
Le narrateur se montre
aussi affecté que ses parents : il pleure
autant que sa mère, à tel point que son
père doit le raisonner. Mais il est aussi
sensible aux réponses de son père et
à ses encouragements à poursuivre son
destin : « Tu sais bien que tu dois partir.
» (159)
Il est aussi
intéressant de noter l'ordre qui fait que c'est
le fils qui cherche à épargner sa
mère en la faisant consentir à ne pas
l'accompagner à la gare ; puis c'est le
père qui cherche à épargner son
fils et lui-même en décrétant
qu'il n'ira pas se donner en spectacle à la
gare. Enfin, c'est au fils qu'incombe la
responsabilité de faire bon visage
jusqu'à la gare, dans le train, où sa
vue finit par se troubler au moment où personne
ne peut plus voir ses larmes et son manque de
contrôle.
Quel est le sens de la
confidence du père ?
Le père
confie à son fils un fragment de son histoire
pour lui inspirer du courage en lui montrant que tous
les malheurs ne se ressemblent pas, que sa situation
pourrait être pire (il pourrait n'avoir pas de
père à quitter), et qu'il doit donc
s'accommoder au mieux de son lot de
souffrance.
2. Pages 164-165 : « Mais il y
avait déjà un moment que j'avais cessé
de l'entendre et cessé de sourire [
]
peut-être cette dernière chaleur qui
était celle de la case natale. »
Situez ce passage.
Le narrateur est
arrivé à la gare avec ses frères
et surs, les griots et les apprentis de son
père. Sa sur cache son chagrin en ne
cessant de lui rappeler de ne pas égarer ses
bagages. C'est alors que le chagrin reparaît,
crevant la comédie des flatteries et des
conseils superflus.
Encore une fois remarquez le
travail de la répétition dans ce
paragraphe, toute en reprises de mots d'une phrase
à l'autre, et conférant au texte la saveur
de la parole.
Amusez-vous à
repérer les mots répétés
et leurs variations, comme, par exemple, les mains :
«mes jeunes frères avaient glissé
leurs petites mains dans les miennes», « je
pensais à la tendre chaleur de leurs mains
», « il me faudrait lâcher leurs mains
», « je dus lâcher les mains »,
« cette chaleur qui imprégnait encore mes
mains et me rappelait que mon père, tout
à l'heure, m'avait pris la main ». Le
retour des mains dans ces paragraphes tisse un lien
très fort entre les hommes de la famille, pour
déboucher sur la figure du chef de famille,
représentant de l'origine: « la case
natale ». Le souvenir des femmes a
complètement disparu de cette évocation
de l'essentiel de l'origine.
Vous pourriez faire de
même avec les mots chaleur et
douceur.
Etudiez, dans le deuxième
paragraphe de l'extrait, la structure de questionnement
qui revient tout le long du « roman
».
Pouvez-vous y
retrouver le modèle décrit par Robert
Green, dans son article, « L'Enfant noir and the
Art of Auto-archeology » : « un
modèle d'auto interrogation, suivie d'une
réponse négative et/ou d'une
hypothèse provisoire » (Green 62). Un
modèle dont Green fait remarquer qu'il est rare
dans les autobiographies plus conventionnelles, et qui
montre que le narrateur adulte n'a toujours pas
répondu à certaines questions de son
enfance.
Que dire de ce privilège
du masculin dans l'esprit et le cur du narrateur
?
Il reflète la
structure profondément patriarcale de la
société Malinké. Il serait
hautement intéressant de lire un point de vue
féminin sur la question
3. Page 166 : « Le train
repartit vers Mamou [
] sa beauté
m'échappait . »
Etudiez dans ce paragraphe
la métaphore de la conquête. En quoi
pourrait-elle préfigurer celle du narrateur
?
La conquête de
la montagne par le train est mise en parallèle
avec l'allure de l'homme à pied, comme pour
indiquer qu'en ceratins endroits, la technique ne fait
pas avancer l'homme plus vite que par ses moyens de
locomotion naturels. Qui plus est, l'adjectif
désespérée finit d'achever la
personnification du train. Le passage abrupt, dans la
phrase suivante, à une sorte d'analyse du point
de vue du narrateur, incapable encore
d'apprécier la nouveauté du paysage,
invite à une certaine projection de
l'idée de conquête sur l'aventure du
narrateur. Le caractère tourmenté du
paysage le déconcerte comme l conquête de
la montagne désespère le train,
emblème de la puissance technique de l'homme
moderne.
4. Page 167 : « Le lendemain,
je repris le train [
] et les bergers nous
saluaient au passage. »
Etudiez dans ce passage le
travail de l'assonance et de
l'allitération.
Des
allitérations de p, t, r et s. La
répétition des explosives souligne le
rebondissement de l'eau sur les pentes rocheuses,
celle des s peut évoquer le bruissement de
l'eau, celle des t renforce à la fois
l'idée du grondement des eaux vives et celle
des terreurs que peuvent inspirer les
précipices.
Que dire de l'absence de
répétition dans ce paragraphe ?
Elle marque un
changement de style par rapport au récit
précédent des adieux. D'une part il
s'agit d'un moment plus contemplatif, d'autre part on
a l'impression que le style se « blanchit »,
devenant moins la proie de la
répétition, organisé au contraire
de façon plus classique
[haut
de page]
Chapitre 9 ~ Questions
de contrôle des
connaissances
1. Que pouvez-vous dire de la
structure de ce chapitre ?
Ce chapitre, qu'on
pourrait intituler « le départ », se
divise en deux grandes parties principales : le
récit des adieux à Kouroussa, où le
narrateur se représente le regard tourné
vers le passé, la fin d'un certain mode de vie :
« Ne quittais-je pas ici toute une partie de mon
passé ? » (159) ; le récit du voyage
et de l'arrivée à Conakry , qui
représente le début d'une nouvelle
vie.
Chacune de ces parties se
divise à son tour en sous parties. La scène
des adieux est structurée de façon
chronologique et s'attache à décrire les
adieux du narrateur aux personnages qui comptent le plus
pour lui : sa mère, son père, ses
frères et ses surs. La deuxième
partie comprend une description des étapes du
voyage et des sentiments qui animent le narrateur au fur
et à mesure de son voyage, une description de sa
nouvelle famille, un récit des premiers jours
d'école, accompagné d'un dialogue entre le
narrateur et son oncle pour débattre des vertus de
différentes écoles et options de
carrière, un résumé bilan de la
première année passée à
Conakry.
2. Qu'est-ce qui caractérise
le départ du narrateur ? Comment est-il
orchestré ? Quelles émotions le dominent ? Qui
éprouve quoi et le manifeste comment ?
Comme toujours la
fête est au rendez-vous, ritualisant le
départ du jeune homme et l'accompagnant de gestes
traditionnels où se retrouvent les influences
combinées de l'animisme et de l'islam. Si sa
mère lui remet de l'eau sacrée de Kankan,
son père lui donne « une petite corne de bouc
renfermant des talismans [
] qui
[le] défendraient contre les mauvais
esprits » (158).
Les émotions
dominantes sont celles de la tristesse et du
déchirement, dont les manifestations les plus
tangibles sont les larmes, les cris ou le silence qui les
contient : « Mais je n'arrivais pas moi-même
à réfréner mes larmes et je la
suppliai de ne pas m'accompagner à la gare, car il
me semblait qu'alors je ne pourrais jamais m'arracher de
ses bras. Elle me fit signe qu'elle y consentait. »
'159), « Tout allait sans le dire »
(162).
3. Qui accompagne le narrateur
à la gare ?
Ses frères et
surs, Fanta, les griots, payés sans doute
pour agrémenter son départ des compliments
d'usage.
4. Quelle est l'ultime flatterie
des griots ? Qu'est-ce que cela révèle
?
« Tu es
véritablement comme les Blancs ! » (162).
Cette flatterie indique la haute dans laquelle les
Malinké tiennent le « savoir » des
Blancs, que le narrateur s'en va conquérir
à l'école de Conakry.
5. Combien de langues se trouvent
mentionnées dans ce chapitre ? A quels propos
?
Il y question de quatre
langues : Le peul, parlé dès la
première étape (166), le soussou, la langue
commune de Conakry (167), le malinké (179), la
langue originelle du narrateur, et l'arabe, la langue
d'adoption de son oncle pour des raisons religieuses
(174).
6. Qui attend le narrateur à
Conakry ?
Son oncle Mamadou, le
frère cadet de son père, lauréat de
l'Ecole Normale devenu « chef comptable dans un
établissement français »
(173).
7. Dans l'ensemble, quel bilan le
narrateur propose-t-il de sa première année
à Conakry ?
La dernière
phrase du chapitre évoque un bilan peu
impressionnant : « Je repartis pour Kouroussa comme
vers une terre promise » (180).
[haut
de page]
Chapitre 9 ~ Sujets de
devoir ou d'activités de
groupe
- Avez-vous déjà
vécu des adieux déchirants ? Comment
avez-vous négocié ce passage ?
- Imaginez que ce n'est pas le
narrateur qui part pour l'école blanche de
Conakry, mais sa sur, ou Fanta. Ecrivez leur
description du départ de leur point de
vue.
[haut
de page]
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CHAPITRE
10
Résumé
| Questions
de lecture |
Textes
choisis | Contrôle
des connaissances |
Sujets de
devoir
Chapitre 10 ~
Questions de lecture et réponses
possibles
1- Quel titre donner à ce chapitre ?1. Quel est le
bilan scolaire du narrateur lors de cette deuxième
année au collège?
Excellent, comme en témoigne cette
citation : « j'eus mon nom, chaque semestre, au
tableau d'honneur » (182).
2. Qui est Marie ?
Marie est une amie du narrateur,
rencontrée chez son oncle Mamadou, où elle
passe, comme le narrateur, ses dimanches. «Presque
blanche », elle ne manque pas d'éveiller
l'admiration et le désir du narrateur.
3. Quels sentiments lient Marie et le narrateur ?
Le narrateur parle d'amitié, mais il
semble qu'il y ait plus, comme le suggèrent les
tantes du narrateur, qui ne se privent pas pour taquiner
l'un comme l'autre (voir pages 183-185). Ils semblent
être timidement et pudiquement amoureux l'un de
l'autre et, de fait, Marie deviendra la femme de Laye
Camara, qui ne prendra de seconde épouse
qu'après l'emprisonnement de Marie,
arrêtée lors d'une visite à sa
famille en Guinée. Marie d'ailleurs ne supportera
pas cette décision et demandera le divorce
à sa son retour de captivité.
4. Quelles réactions leur relation provoque-t-elle
dans la maisonnée ?
Les tantes du narrateur les taquinent sans
arrêt, les poussant à déclarer plus
avant leur amour. Devant Marie, elles font
référence au narrateur comme à son
« mari » ; devant le narrateur, elles parlent
de « Madame Camara », pour faire
référence à Marie.
5. Que font-ils ensemble ?
Ils se retrouvent dans la chambre du jeune
oncle, écoutent de la musique, dansent, vont
parfois se promener voir la mer, sur la bicyclette du
narrateur, qui en éprouve bien de la joie et de la
fierté.
6. Quels sont leurs rôles respectifs dans la
maisonnée ?
Dans la maisonnée, ils adoptent les
comportements typiquement attendus des hommes et des
femmes. Marie aide au ménage (183) avec les
femmes, tandis que le narrateur se comporte en
invité dans la maison, rendant visite à
tout un chacun, et attendant qu'on le serve (185).
7. Quel est le bilan des années d'études du
narrateur à Conakry ?
C'est un bilan très positif en
général. D'un point de vue personnel, il a
fait la connaissance d'une jeune fille qu'il aime ; d'un
point de vue scolaire, il est reçu premier
à l'examen.
[haut
de page]
Chapitre 10 ~ Textes
choisis et suggestions de
lectures
1. Pages 182-183 : « Marie
était «élève de l'école
primaire supérieure des jeunes filles.
[
] ses nattes lui tombaient jusqu'aux reins.
»
Quels
éléments font de Marie une jeune fille
exotique aux yeux du narrateur ?
Son nom d'abord,
Marie, qui n'appartient ni à la tradition
guinéenne, ni à la tradition musulmane,
mais relève d'une origine européenne et
chrétienne. En outre, elle est métisse,
« claire de teint », « presque blanche
», ce qui fait d'elle une beauté
exotique.
Quel mot, dans ce passage
évoque un point de vue déjà bien
occidentalisé ?
Le mot «
fée » évoque une culture
européenne et reflète la scolarisation
du narrateur, comme son séjour en territoire
français, depuis lequel il écrit ce
livre.
Comparez ce portrait à
celui de la mère du narrateur, page 150 ; à
celui de Fanta
Mis en regard du
portrait de la mère du narrateur, celui de
Marie évoque l'abondance (ses cheveux sont
d'une longueur exceptionnelle), et une plus grande
liberté de mouvement et de comportement (ses
nattes lui tombent jusqu'aux reins, tandis que celles
de la mère sont «
ramené[e]s au niveau de la nuque
»). Les adjectifs qui caractérisent Marie
suggèrent l'attirance éprouvée
par le narrateur : « belle », « douce
et avenante, et de la plus admirable
égalité d'humeur ». Par opposition,
le portrait de la mère insiste sur la noblesse
et la dignité, la tenue et l'habillement. Quant
à Fanta, elle n'est jamais vraiment
décrite physiquement.
2. Pages 184-185 : « Quand
j'arrivais de l'école, moi aussi je commençais
par faire le tour de la maison [
] en attendant
qu'on m'apportât à manger. »
Quel est le premier soin
du narrateur en rentrant à la maison ?
Son premier soin est
d'aller parler à son oncle, de rendre compte
à la figure paternelle de sa journée
d'écolier.
Quelles sont les trois parties
de ce passage ?
Il y a d'abord le
récit du retour de l'école, puis un
dialogue avec la tante Awa, puis une reprise du
récit des actions du narrateur au retour de
l'école.
Qu'est-ce qui vous frappe dans
le dialogue ?
La tante taquine son
neveu à propos de Marie, l'invitant à
avouer une inclination et extorquer une promesse de
mariage. Dans ce dialogue, le nom de l'auteur est
utilisé dans son sens normal : Laye Camara,
différent du nom de plume choisi par l'auteur :
Camara Laye, et qui reflète la façon
dont on faisait l'appel à l'école
française. Le narrateur amoureux de Marie
s'appelle donc Laye Camara, tandis que l'auteur
s'identifie comme « marqué », pour le
meilleur et pour le pire, par sa formation
européenne, sous le nom de Camara Laye.
Que révèle la
dernière phrase de l'extrait du rôle des
hommes dans la famille ?
En tant que
mâle, le narrateur tient un rôle
d'hôte : on le sert, les femmes le
servent.
3. Pages 192-193 : « De quoi
parlions-nous encore ? [
] personne ne vivait
dans mon cur comme Marie ! »
Situez ce passage.
Le narrateur a
évoqué ses sorties à vélo
avec Marie. Ils vont souvent voir la mer et contempler
les îles qu'ils ne peuvent atteindre à
l'horizon. Ce paragraphe est une sorte de
méditation sur le sens et le contenu de leur
amitié.
Quels sont les mots qui se
répètent le plus souvent dans ce passage
?
Ce sont les mots
« cur », répété
quatre fois, « parole »,
répété quatre fois, et «
amitié », deux fois
répété. Il s'agit donc bien ici
d'un amour sentimental.
Quelle est la comparaison
principale de ce passage ?
Celle qui associe
les îles aux curs de personnages : «
nos curs étaient comme les îlots
que nous regardions frémir au loin dans une
lumière voilée ».
C'est-à-dire qu'ils ne leur sont pas encore
entièrement accessibles, comme sans pouvoir les
visiter, sans oser prendre le risque de la mer (191).
Ils observent leurs curs à distance, et
dans le silence qui convient à toute chose
sérieuse.
Remarquez encore une fois la
récurrence du modèle de questionnement
(suivie d'une réponse négative et d'une
hypothèse) et concentrez-vous sur le segment
hypothétique de la phrase, qui commence par «
sans doute ». Faites-en une analyse
détaillée. Quelle sorte de relation
évoque-t-elle?
« Sans doute ne
nous cachions-nous rien (8 syllabes), sauf notre
amitié (5), sauf nos curs (3) » : le
rythme met en valeur le dernier mot, l'organe de la
relation qui les unit dans la transparence (ils ne se
cachent rien) et la pudeur (mais il taisent le
principal de ce qui les unit : ce frémissement
du cur qui pourrait, une fois
libéré, conduire à d'autres
frémissements). Car l'amitié qui les
unit est trop précieuse pour être encore
confiée aux dangers de la parole,
exprimés par la suite du texte.
Quels sont les dangers de la
parole ?
La parole risque de
transformer l'amitié, la faire sortir du
territoire de la pensée dans celui de l'action,
c'est-à-dire, transformer la tendre
amitié en désir et en amour, pousser
l'attirance mutuelle vers un stade plus avancé
auxquels ils ne sont pas prêts, ce stade du
mariage, qui fait l'objet des taquineries des
tantes.
[haut
de page]
Chapitre 10 ~
Questions de contrôle des
connaissances
1. Quel titre donneriez-vous
à ce chapitre ?
Marie ; une rencontre
importante ; un premier amour (ou faudrait-il dire
deuxième ?), etc.
2. Qui est Marie ?
Marie est une amie du
narrateur, rencontrée chez son oncle Mamadou,
où elle passe, comme le narrateur, ses dimanches.
«Presque blanche », elle ne manque pas
d'éveiller l'admiration et le désir du
narrateur.
3. Quels sentiments lient Marie et
le narrateur ?
Le narrateur parle
d'amitié, mais il semble qu'il y ait plus, comme
le suggèrent les tantes du narrateur, qui ne se
privent pas pour taquiner l'un comme l'autre (voir pages
183-185). Ils semblent être timidement et
pudiquement amoureux l'un de l'autre et, de fait, Marie
deviendra la femme de Laye Camara, qui ne prendra de
seconde épouse qu'après l'emprisonnement de
Marie, arrêtée lors d'une visite à sa
famille en Guinée. Marie d'ailleurs ne supportera
pas cette décision et demandera le divorce
à sa son retour de captivité.
4. Quelles réactions leur
relation provoque-t-elle dans la maisonnée
?
Les tantes du narrateur
les taquinent sans arrêt, les poussant à
déclarer plus avant leur amour. Devant Marie,
elles font référence au narrateur comme
à son « mari » ; devant le narrateur,
elles parlent de « Madame Camara », pour faire
référence à Marie.
5. Que font-ils ensemble
?
Ils se retrouvent dans
la chambre du jeune oncle, écoutent de la musique,
dansent, vont parfois se promener voir la mer, sur la
bicyclette du narrateur, qui en éprouve bien de la
joie et de la fierté.
6. Quels sont leurs rôles
respectifs dans la maisonnée ?
Dans la
maisonnée, ils adoptent les comportements
typiquement attendus des hommes et des femmes. Marie aide
au ménage (183) avec les femmes, tandis que le
narrateur se comporte en invité dans la maison,
rendant visite à tout un chacun, et attendant
qu'on le serve
(185).
[haut
de page]
Chapitre 10 ~ Sujets
de devoir ou d'activités de
groupe
- Imaginez le point de vue de
Marie sur la situation décrite dans ce
chapitre.
- Selon que vous êtes de
sexe masculin ou féminin, imaginez vos
réactions si vous deviez prendre le rôle du
narrateur ou celui de Marie.
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Page mise à jour le 11
juillet 2003
© C. Renaudin & S. Toczyski
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