© C. Renaudin & S. Toczyski
En préparation à l'examen AP:
L'Enfant noir de Camara Laye

Un dossier pédagogique préparé par
Christine Renaudin & Suzanne Toczyski
Sonoma State University

Glossaires par chapitre | Glossaire général | Résumés
Plan d'étude | Ressources et illustrations | Lien au site destiné aux élèves

Séance 7
Chapitres
11 & 12

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CHAPITRE 11

Résumé | Questions de lecture | Textes choisis | Contrôle des connaissances | Sujets de devoir

Chapitre 11 ~ Questions de lecture et réponses possibles

1. Quel titre donner à ce chapitre ?

L'ombre de la vie.

2. Comment la mère du narrateur manifeste-t-elle son amour pour son fils? Citez des passages justifiant votre opinion.

Elle repeint et améliore sa case en lui apportant des petites touches europeénnes. Par exemple, la construction du divan-lit, p.196, «Preuve immédiate, immédiatement tangible, l'immense amour que ma mère me portait.»

D'autre part, elle se montre jalouse de sa réputation, tyrannique dans sa surveillance, p.201, «Je pensais que cette affection aurait pu être moins exclusive et moins tyrannique.»

3. A quelle sorte d'activité se livre le narrateur pendant son séjour à Kouroussa? Commentez.

Il ne mentionne que des activités de loisirs: visites, chants, musique, expériences sensuelles. Ce sont des activités de vacances. S'il participe à certains travaux, il ne les mentionne pas.

4. Quels sont les deux versants de ce chapitre?

Il y a un versant ensoleillé: l'évocation des amis et de la surveillance affectueuse de sa mère. Et il y a un versant d'ombre, qui est le récit de la mort de Check.

5. Comment Check est-il soigné?

On fait d'abord appel au guérisseur, puis à la médecine européenne au dispensaire. Il est intéressant de remarquer que, dans la communauté de Kouroussa, on pratique la médecine traditionnelle comme la médecine occidentale. On voit cependant reculer la réputation des guérisseurs traditionnels dans un passage comme celui-ci: «Je ne sais si Check avait grande confiance dans les guérisseurs, je croirais plutôt qu'il en avait peu: nous avions maintenant passé trop d'années à l'école, pour avoir encore en eux une confiance excessive» (p.206).

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Chapitre 11 ~ Textes choisis et suggestions de lectures

1. Pages 198-199: «Il n'en allait pas du tout de même pour ma mère. [...] Après quoi seulement elle disait bonsoir à chacun.»

Situez et présentez le texte.
Le narrateur vient d'évoquer le grand amour de sa mère, qui sans cesse améliore sa case en son absence. Dans ce passage il explore le côté tyrannique de l'amour qu'elle lui porte.

Comment la mère fait-elle montre de son autorité?

Elle entre sans frapper. Elle juge, évalue l'assemblée avant de saluer. Elle exige le départ des invitées dont la tête ne lui revient pas, leur indiquant son mépris par le geste de «disperser une volaille trop audacieuse».

D'après les explications fournies par le narrateur, pourquoi agit-elle ainsi? Illustrez par des citations.

Elle cherche à protéger ses fréquentations féminines. Elle ne veut pas que son fils fréquente des jeunes femmes de mauvaise réputation: «aux allures un peu libres», «à la réputation un peu entamée», «délurées», «divertissantes». C'est-à-dire, des jeunes filles qui n'ont pas crainte de s'exprimer librement, et en particulier d'exprimer leur sexualité librement. Ce qui tente à montrer que, parmi les Malinké, une jeune fille bien ne s'expose pas.

2. Page 200, dernier paragraphe de la page.

D'après ce passage, que signifie l'expression «j'avais le sang plus chaud»?
C'est une image pour exprimer le fait que les désirs sexuels du narrateur se font de plus en plus pressants.

Comment le narrateur classe-t-il ses objets d'amour?

Il met en premier Marie, qu'il qualifie d'amitié ou d'amour timide, en second Fanta, qu'il appelle son «ami en titre», et finalement, en troisième position, «le reste», qui sert à désigner, de façon suffisamment vague, diverses aventures sexuelles. Il semble donc qu'à ce moment de sa vie, il choisisse de ne pas avoir de relations sexuelles avec les femmes pour lesquelles il éprouve des sentiments d'amour et/ou d'amitié, tandis qu'il n'hésite pas à franchir le pas sexuel avec celles qui ne méritent pas d'être mentionnées par ailleurs.

Quelle signification donner au mot «respecter» dans ce passage?

Il l'utilise vis-à-vis de Fanta: «Je la respectais; et quand bien même j'eusse voulu passe outre, et je ne le voulais pas, l'usage m'eût ordonné de la respecter.» Dans ce passage on pourrait facilement remplacer le verbe «respecter» par l'expression «ne pas toucher». Faites-en l'expérience en opérant la substitution.

3. Pages 208-209: «Check!... Check!... [...] le chemin momentané de notre exil.»

Quelle croyance traditionnelle se trouve exprimeé ici?
Il ne faut pas prononcer le nom des morts, crainte de s'attirer les mauvais esprits.

Quel sentiment inspire au narrateur et à son ami Kouyaté les visites que leur fait Check en rêve? Relevez les mots et expressions qui servent à exprimer cette émotion.

La visite de Check leur inspire de la terreur, comme le montre les expression suivantes: «le corps inondé de sueur; je prenais peur», «Kouyaté prenait peur», «nous la redoutions», «nous n'osions plus dormir seuls, nous n'osions plus affronter nos rêves seuls», «effrayait», «effrayant».

Quels autres mots pourriez-vous substituez ici au mot «ombre»?

Fantôme, esprit.

Si, dans le premier paragraphe de l'extrait, le narrateur évoque l'émotion ressentie à la pensée de Check récemment disparu, que fait-il dans le second paragraphe de cet extrait?

Il médite sur cette peur qu'il avait de la mort. Ce sont les verbes «penser» et «songer» qui dominent, exprimant l'idée de réflexion.

Selon ce paragraphe, comment le narrateur perçoit-il la vie et la mort?

Il les perçoit comme deux chemins (le mot est répété quatre fois), ou les deux sens d'un même chemin: la vie est vue comme un exil loin de Dieu, l'autre comme un retour vers le Créateur.

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Chapitre 11 ~ Questions de contrôle des connaissances

1. Quel titre donner à ce chapitre ?

L'ombre de la vie.

2. Comment la mère du narrateur manifeste-t-elle son amour pour son fils?

Elle repeint et améliore sa case en lui apportant des petites touches europeénnes. Par exemple, la construction du divan-lit.

D'autre part, elle se montre jalouse de sa réputation, tyrannique dans sa surveillance.

3. A quelle sorte d'activité se livre le narrateur pendant son séjour à Kouroussa? Commentez.

Il ne mentionne que des activités de loisirs: visites, chants, musique, expériences sensuelles. Ce sont des activités de vacances. S'il participe à certains travaux, il ne les mentionne pas.

4. Quels sont les deux versants de ce chapitre?

Il y a un versant ensoleillé: l'évocation des amis et de la surveillance affectueuse de sa mère. Et il y a un versant d'ombre, qui est le récit de la mort de Check.

5. Comment Check est-il soigné?

On fait d'abord appel au guérisseur, puis à la médecine européenne au dispensaire. Il est intéressant de remarquer que, dans la communauté de Kouroussa, on pratique la médecine traditionnelle comme la médecine occidentale. On voit cependant reculer la réputation des guérisseurs traditionnels.

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Chapitre 11 ~ Sujets de devoir ou d'activités de groupe

  • Comment réagiriez-vous à une mère aussi possessive?
  • Avez-vous des amis qui ont déjà fait l'expérience de la perte d'un proche? Si oui, comment ont-ils vécu cette expérience?

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CHAPITRE 12
Résumé | Questions de lecture | Textes choisis | Contrôle des connaissances | Sujets de devoir

Chapitre 12 ~ Questions de lecture et réponses possibles

1. Comment intituler ce dernier chapitre?

Le grand départ.

2. Qu'est-ce qui met une ombre au succès du narrateur lorsqu'il revient à Kouroussa avec son C.A.P. en poche?

Il a accepté de partir en France achever ses études sans consulter ses parents. Il craint donc la réaction de sa mère en particulier.

3. Quelles sont les réactions respectives du père et de la mère du narrateur à la nouvelle qu'il leur apporte? Qu'est-ce qui explique ces réactions?

La mère cherche tout de suite à interdire le départ de son fils. Ce qu'elle perçoit, c'est la perspective d'une nouvelle séparation encore plus profonde que les précédentes. Elle veut «récupérer son fils», elle ne voit que le sacrifice personnel que requiert son départ.

Comme ses frères, le père voit cette occasion comme une «chance unique» (p.211) pour son fils. Il perçoit la durée relative de cette éventuelle séparation et cherche à gagner du temps (p.212). Il voit le résultat potentiel du sacrifice consenti.

4.  Comment la mère du narrateur perçoit-elle les Blancs?

Comme des sauvages, des barbares qui ne mangent pas comme les Malinké (p.218), qui n'ont le respect de leur mère (p.217), qui n'hésitent pas à la quitter.

Comme des voleurs d'enfants (p.217): «tant d'années déjà qu'ils me l'ont pris.»

Comme des ogres, dévorés par le désir (p.219): «ce sont des gens que rien jamais ne satisfait [...] Ils ne peuvent pas voir une chose sans la vouloir.»

5. (p.220) Pourquoi le narrateur ne comprend-il rien aux explications du directeur?

Il n'a pas de référence ni d'image (il n'y a pas de télé à l'époque) pour visualiser ce qu'on lui explique. Le métro demeure pour lui: «un chemin [...] à faire sous terre», une expérience qu'il ne peut encore saisir, mais qui évidemment s'annonce à lui comme une aventure valant bien la douleur de la séparation d'avec sa famille et Marie. Il symbolise la promesse de l'avenir et s'oppose à la douleur présente: «Plus tard, je sentis une épaisseur sous ma main: le plan du métro gonflait ma poche.»

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Chapitre 12 ~ Textes choisis et suggestions de lectures

1. pp.213-214: «Oui... oui, j'accepte. [...] Il cessa de regarder la nuit.»

Situez le passage.
Le narrateur vient d'annoncer à son père qu'il a pris la décision de partir, et qu'il a besoin de son consentement de chef de famille pour l'administration française.

Quelle sorte de consentement le père du narrateur lui accorde-t-il?

Il lui accorde un consentement immédiat et sans réserve mais non sans douleur: «pour toi, pour ton bien!», dit-il, suggérant que, quant à lui, il préférerait que son fils reste chez eux, s'il n'en tenait qu'à son propre intérêt personnel. Il est résigné (p.213).

Quel autre avenir le père aurait-il pu souhaiter pour son fils, si celui-ci n'avait pas eu la passion des études?

On peut imaginer que le père aurait souhaité que son fils prenne sa suite à la forge. Le narrateur lui-même y consacre quelques pensées lors de l'épisode de Tindican.

Comment le père perçoit-il un destin d'étude?

Comme une chance que lui n'a pas eu, mais que son fils a l'occasion de saisir et se doit de saisir (p.213): «moi je n'ai pas eu leur chance et moins encore la tienne... mais maintenant que cette chance et devant toi, je veux que tu la saisisses.»

Quelle raison donne-t-il pour expliquer le soutien qu'il accorde à son fils? Appuyez votre explication d'une citation

Il veut que son fils revienne au pays pour y faire fructifier le savoir acquis en France au profit de la Guinée: «Il reste dans notre pays tant de choses à faire» (p.213); «On aura besoin ici sous peu d'hommes comme toi...» (p.214).

Lors du premier départ de son fils pour Conakry le père lui avait fait promettre de lui faire honneur (p.161) et de faire en sorte que son sacrifice ne demeure pas sans résultat (p.160). Que lui demande-t-il ici en échange de ce nouveau sacrifice?

Il lui demande de revenir: «Promets-moi qu'un jour tu reviendras?» (p.214). L'impératif implique un ordre; le point d'interrogation suggère le doute.

Quels mots tendent à indiquer que la promesse ne sera pas entièrement tenue?

Les expressions: «il fronçait les sourcils comme s'il était mécontent ou inquiet de ce qu'il découvrait», «il eut comme un geste de découragement.»

Considérez les dernières recommandations du père à son fils: les a-t-il respectées?

La recommandation en question, c'est: «Garde-toi de ne jamais tromper personne.» C'est une invitation à évoquer le problème de l'écriture du livre de Camara Laye. Il s'avère, Adèle King y a consacré tout un livre, que Camara Laye n'est pas l'unique auteur des livres qui portent son nom.

2. p.216-218: «Si c'est pour le départ du petit en France, inutile de m'en parler, c'est non! [...] Elle pleurait et elle le serrait étroitement contre elle.»

Situez le passage.
Le narrateur et son père ont décidé d'aller annoncer ensemble la nouvelle du départ du narrateur à sa mère. D'abord elle feint de les ignorer, et puis, avant même qu'ils n'aient annoncé quoi que ce soit, elle prend la parole.

Quelle est la rhétorique de la diatribe?

Elle fait des questions et des réponses, ce qui tente à montrer qu'elle ne veut pas entendre leurs réponses parce qu'elle sait que la discussion sera vaine, parce qu'ils ont déjà pris la décision.

Comment la mère envisage-t-elle le départ de son fils?

Comme une privation: «c'est chaque jour une lubie nouvelle pour me priver de mon fils».

Comme un tourment: «n'aurais-je donc jamais la paix?»

Comme un geste d'ingratitude de la part du fils: «Tu n'es qu'un ingrat!»

Comme un geste d'avidité de la part de son mari: «Cela ne te suffit pas?»

Comme une persécution conjuguée de la part du fils et du mari: «Je finirai par devenir folle!»

Comme un vol de la part des Blancs: «tant d'années déjà qu'ils me l'ont pris».

D'après sa diatribe, quelle est la place du fils dans la société traditionnelle des Malinké?

Sa place serait de rester au village, devenir homme sous les yeux de sa mère, la repaissant quotidiennement du spectacle de son plus bel accomplissement: la production d'un fils aîné.

Comment perçoit-elle les Blancs?

Comme des sauvages, des barbares qui ne mangent pas comme les Malinké (p.218), qui n'ont le respect de leur mère (p.217), qui n'hésitent pas à la quitter.

Comme des voleurs d'enfants (p.217): «tant d'années déjà qu'ils me l'ont pris.»

Comme des ogres, dévorés par le désir (p.219): «ce sont des gens que rien jamais ne satisfait [...] Ils ne peuvent pas voir une chose sans la vouloir.»

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Chapitre 12 ~ Questions de contrôle des connaissances

1. Comment intituler ce dernier chapitre?

Le grand départ.

2. Qu'est-ce qui met une ombre au succès du narrateur lorsqu'il revient à Kouroussa avec son C.A.P. en poche?

Il a accepté de partir en France achever ses études sans consulter ses parents. Il craint donc la réaction de sa mère en particulier.

3. Quelles sont les réactions respectives du père et de la mère du narrateur à la nouvelle qu'il leur apporte? Qu'est-ce qui explique ces réactions?

La mère cherche tout de suite à interdire le départ de son fils. Ce qu'elle perçoit, c'est la perspective d'une nouvelle séparation encore plus profonde que les précédentes. Elle veut «récupérer son fils», elle ne voit que le sacrifice personnel que requiert son départ.

Comme ses frères, le père voit cette occasion comme une chance unique pour son fils. Il perçoit la durée relative de cette éventuelle séparation et cherche à gagner du temps. Il voit le résultat potentiel du sacrifice consenti.

4.  Comment la mère du narrateur perçoit-elle les Blancs?

Comme des sauvages, des barbares qui ne mangent pas comme les Malinké, qui n'ont le respect de leur mère, qui n'hésitent pas à la quitter. Comme des voleurs d'enfants. Comme des ogres, dévorés par le désir.

5. (p.220) Pourquoi le narrateur ne comprend-il rien aux explications du directeur?

Il n'a pas de référence ni d'image pour visualiser ce qu'on lui explique. Le métro demeure pour lui une expérience qu'il ne peut encore saisir, mais qui évidemment s'annonce à lui comme une aventure valant bien la douleur de la séparation d'avec sa famille et Marie. Il symbolise la promesse de l'avenir et s'oppose à la douleur présente.

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Chapitre 12 ~ Sujets de devoir ou d'activités de groupe

  • (p.214) Le père du narrateur commence une phrase sans la finir: «Ces pays lointains... » Développez et achevez la pensée du père.
  • Par groupes de trois, jouez le texte choisi, p.216-218, en faisant particulièrement attention aux détails de la mise en scène.
  • Imaginez que vous êtes le narrateur, et qu'au bout d'un an en France, vous ayez décidé, comme le fera Camara Laye, de prolonger votre séjour, même sans bourse. Ecrivez une lettre annonçant votre décision à vos parents.

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Page mise à jour le 11 juillet 2003
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